Oui et Non : Oui bien sûr puisqu’elle se déroule au début
de cette tragique journée. Non
parce que je ne cherche pas à expliquer la tragédie, surtout ses
origines. Comme dans d’autres pièces, l’évènement historique n’est
qu’un des éléments dramatiques de l’histoire. Il ne m'intéresse que
dans sa mesure humaine.
Si l’un des personnages est gay, l’autre ne l’est pas. Cela ne suffit
donc pas à en faire une pièce « gay », mais en donnant la parole à un
homosexuel contemporain, je livre plusieurs réflexions importantes sur
le "sens " actuel de l’homosexualité et aussi sur la manière de la vivre
différemment selon que l’on soit « puissant ou misérable ».
Si l’on prend ce mot trop à la lettre : absolument pas, mais
en racontant une histoire incontestablement « datée » j’essaye
d’inscrire le théâtre dans la vie sociale, donc dans la vie politique.
Et si l’on considère la politique au seul aulne des rapports humains,
ce qui est aussi, à mon avis l’essentiel de la démarche théâtrale,
alors oui. Rapports amoureux, rapports de pouvoir, rapport à l’argent
y sont présents, ressorts incontournables de l’intrigue…
Et oui ! J’ai souvent peur, en écrivant d’être trop
« bavard », de trop « expliquer » mais les spectateurs sont toujours
touchés par ce que je n’ai pas dit au fond… C’est, à mon humble avis,
le meilleur compliment qu’ils font à mon travail.